Oui, ma saison d'accompagnement est commencée, avec un accouchement hier midi. Ma cliente avait déjà accouché par césarienne, et pour ce deuxième bébé, elle voulait vivre un AVAC (Accouchement Vaginal Après Césarienne). Elle était bien préparée, n'avait qu'un peu d'anxiété face à la poussée qu'elle n'a jamais connue, mais après beaucoup de préparation ensemble, de lectures, elle avait presque hâte à ce moment.
Tout a débuté par un appel lundi matin m'annonçant qu'elle avait quelques contractions depuis la nuit passée. Mais ce n'est que le lendemain matin que le coup de fil tant attendu est arrivé. Contractions régulières et rapprochées, désir de se rendre à l'hôpital. Ma sabbatique se terminait officiellement!
Je suis arrivée à Ste Mary's vers 9 am. C'était la première fois que je me rendais à cet hôpital. Finalement, c'est très beau, tout rénové, et l'accueil des infirmières, chaleureux. A. est bien installée dans sa chambre, avec son homme qui rayonne. À la regarder, c'est évident qu'elle est vraiment en travail, on ne s'est pas rendus trop tôt, une de ses rares craintes. Elle est déjà à 5 cm!
Un peu de marche, un peu de ballon, le siège de toilette qui fait souvent des miracles... Un peu avant midi, la voilà non seulement complète, mais la tête du bébé est déjà tout près de la sortie. Étrange par contre, elle ne ressent pas le réflexe de poussée...
Elle pousse allongée sur le côté, puis à genoux et ensuite accroupie... Mais le coeur du bébé descend, descend... Et ne remonte pas. Vite, l'urgence de le faire naître, on appelle l'obstétricienne de garde, et on installe A. sur le dos pour l'utilisation de la ventouse. Tout va très vite, on sent la panique dans la chambre alors que le médecin peine à faire sortir le bébé... Je vois le regard du papa, j'y vois la crainte, le stress, le désarroi. Mais je ne peux que m'occuper d'A., la «coacher» pour la poussée, la rassurer, en la tenant dans mes bras, lui flattant les cheveux et lui parlant doucement à l'oreille.
Enfin, la tête du bébé émerge, puis le corps. Ce petit être qui nous a tant inquiété, hurle à pleins poumons!! Un beau bébé bien vigoureux, qui tète au sein dans les 5 minutes suivant sa naissance. Le petit gredin :)
Je vois le papa encore sous le choc, et pour ne rien améliorer, il ne peut s'empêcher de fixer le champ de bataille qu'est devenu la vulve de sa femme. Car il est maintenant venu le temps de réparer le tout, l'épisiotomie, la déchirure au niveau du col... Il y a beaucoup de sang rouge clair. Avant qu'il ne tombe dans les pommes, je l'entraîne dans le couloir. Non, ce n'est pas l'accouchement rêvé, mais tout va bien!! Sa femme va bien, son bébé aussi. Mais surtout, elle a réussi!! Non, il ne s'est rien passé qui n'était pas nécessaire. Oui, elle pourra avoir d'autres enfants, et ce sera sûrement plus facile la prochaine fois... Et puis, cesse de regarder entre ses jambes!! ;)
De retour dans la chambre, malgré la douleur et l'incomfort causés par les réparations à son périnée, maman est tout à fait sereine. Elle me remercie, elle ne sait pas comment elle aurait pu endurer tout cela sans moi... J'ai beau lui dire que c'est elle qui a tout fait, mais elle reste convaincue que si je n'avais pas été là...
Donc, voilà. Ma sabbatique est terminée pour vrai. J'ai replongé. Pas l'accompagnement idéal, dans le sens que cette naissance m'a moi aussi ébranlée, j'ai eu bien du mal à m'endormir hier soir, à ressasser tous les événements de la journée. Et je ne vois rien que j'aurais pu faire de plus. Parfois, on frôle la catastrophe à cause de l'incompétence du médecin, mais ça ne peut être vrai à tous les coups... Parfois, un bébé peut décider de nous jouer des tours!!
mercredi 7 octobre 2009
mardi 1 septembre 2009
lundi 17 août 2009
vendredi 7 août 2009
Ma sabbatique achève...
L'automne s'en vient, ça se sent et ça se voit par toutes les annonces pour la rentrée scolaire... Et moi, mes vacances seront bientôt terminées!
Pour l'instant, 2 clientes dont une amie, et les rencontres prénatales qui commencent sous peu avec elles. Je n'ai pas mis les pieds dans une chambre de naissance depuis janvier, et ça me manque franchement. Même si parfois le milieu hospitalier me fait c..., j'adore me retrouver dans une chambre d'hôpital, en pleine nuit, à frotter un dos endolori, à dire des paroles encourageantes à la maman autant qu'au papa (!). Ce qui me manque le plus? Bien sûr, assister à la naissance d'un tout petit être, à la naissance d'une famille. Les 5 dernières minutes tout juste avant l'émergence du bébé sont tellement pleines d'émotions à peine retenues, puis qui explosent quand bébé se montre enfin tout entier... La sensation que me procure le rush d'adrénaline pour les heures qui suivent, j'y suis tout à fait accro!!
Mais ça, c'est quand tout se passe bien. Trop souvent, dans notre métier, on assiste à des accouchements qui auraient pu être si différents si on avait laissé la nature suivre son cours... En janvier, après plus d'une vingtaine d'accouchements, j'ai vu pour la première fois une naissance par ventouse. Traumatisant surtout pour la maman et le papa, mais aussi pour l'accompagnante! Surtout que cette intervention, et j'en suis encore convaincue à 100%, était tout à fait inutile. Probablement que le médecin était trop pressé de retourner à la clinique où l'attendaient ses nombreuses patientes...
Anyway. J'ai hâte de recommencer. De replonger dans le merveilleux monde de la naissance.
Pour l'instant, 2 clientes dont une amie, et les rencontres prénatales qui commencent sous peu avec elles. Je n'ai pas mis les pieds dans une chambre de naissance depuis janvier, et ça me manque franchement. Même si parfois le milieu hospitalier me fait c..., j'adore me retrouver dans une chambre d'hôpital, en pleine nuit, à frotter un dos endolori, à dire des paroles encourageantes à la maman autant qu'au papa (!). Ce qui me manque le plus? Bien sûr, assister à la naissance d'un tout petit être, à la naissance d'une famille. Les 5 dernières minutes tout juste avant l'émergence du bébé sont tellement pleines d'émotions à peine retenues, puis qui explosent quand bébé se montre enfin tout entier... La sensation que me procure le rush d'adrénaline pour les heures qui suivent, j'y suis tout à fait accro!!
Mais ça, c'est quand tout se passe bien. Trop souvent, dans notre métier, on assiste à des accouchements qui auraient pu être si différents si on avait laissé la nature suivre son cours... En janvier, après plus d'une vingtaine d'accouchements, j'ai vu pour la première fois une naissance par ventouse. Traumatisant surtout pour la maman et le papa, mais aussi pour l'accompagnante! Surtout que cette intervention, et j'en suis encore convaincue à 100%, était tout à fait inutile. Probablement que le médecin était trop pressé de retourner à la clinique où l'attendaient ses nombreuses patientes...
Anyway. J'ai hâte de recommencer. De replonger dans le merveilleux monde de la naissance.
mardi 9 juin 2009
vendredi 29 mai 2009
Réactions
Je viens de terminer la lecture de la chronique de Sophie Durocher dans le Châtelaine de ce mois-ci, «Pour donner la vie faut-il suivre son instinct ou satisfaire son besoin de sécurité?». Déjà, le titre me donne de l'urticaire...
Elle y parle en gros de l'accouchement en milieu hospitalier vs à domicile ou maison de naissance avec sage-femme. Surtout, elle parle de sa rencontre avec Ricki Lake qui a produit le film «The business of being born». Elle termine en disant que si, lors de son accouchement, elle avait pu avoir la sécurité du milieu médical et être dans un environnement moins agressant qu'une chambre d'hôpital, elle aurait eu un accouchement plus heureux.
Et c'est ce qui me désole. On croit encore aujourd'hui qu'il est plus sécuritaire d'accoucher à l'hôpital. Alors qu'il a été démontré que d'accoucher en maison de naissance ou à domicile avec une sage-femme est aussi sécuritaire et peut-être même plus qu'à l'hôpital!
Il a aussi été démontré que les interventions routinières de plusieurs centres hospitaliers menaient à plus de césariennes, chirurgie qui n'est pas sans risques pour la mère comme pour le bébé.
Je ne dis pas que toutes les femmes devraient accoucher hors des murs d'un hôpital. Il y a bien sûr des cas extrêmes qui demandent à être suivis médicalement. Mais surtout, je crois fortement au droit des femmes de choisir où elles veulent accoucher, et avec qui.
Par contre, je pense que l'Ordre des sages-femmes a encore beaucoup de boulot à faire pour faire réaliser aux gens que leurs services sont aussi professionnels et sécuritaires que les services offerts par la médecine. Elles ont beaucoup à faire pour que la population en général cesse de les considérer comme de vieilles hippies qui assistent à des accouchements en faisant des incantations et en faisant brûler de l'encens!!
Très peu de gens savent que les sages-femmes étudient l'obstétrique pendant 4 ans à l'université. Que les sages-femmes qui assistent à des accouchements, et que ce soit à domicile ou en maison de naisssance, ont tout l'équipement nécessaire pour intervenir en cas d'urgence: oxygène, ocytocine, soluté, etc. Que les maisons de naissance ne sont jamais bien loin d'un hôpital avec lequel elles ont une entente de transfert en cas de pépin.
Justement, cette fameuse «distance» entre la MDN ou le domicile et le centre hospitalier est souvent ce qui fait le plus peur. On se dit que si il y a une urgence, on sera trop loin... Pourtant, combien de temps s'écoule, lors d'un accouchement à l'hôpital, entre le moment où l'urgence est décrétée et le moment où la césarienne est effectuée? Probablement le même temps, ou à peine plus, qu'il en faut pour envoyer en ambulance la femme qui est chez-elle ou en MDN pendant qu'on prépare la salle d'opération... Mais aussi il faut savoir que le taux de césarienne en MDN ou à domicile est considérablement plus bas que dans les hôpitaux...
Pourquoi? Parce que les sages-femmes n'interviennent qu'en cas de réelle nécessité!! Mais aussi parce que souvent les sages-femmes ont des connaissances «pratiques» que beaucoup de médecins malheureusement, n'ont pas. Accoucher un bébé en siège. Régler efficacement une mauvaise position du bébé, ou une dystocie de l'épaule. Elles savent aider une femme à accoucher dans différentes positions. Elles connaissent les trucs naturels pour soulager la douleur, activer un travail plutôt lent, sans nuire à la santé de la mère ou de son bébé.
On ne peut pas vraiment en vouloir aux médecins qui pratiquent l'obstétrique. On n'a qu'à regarder ce qu'ils étudient à l'université. Est-ce qu'on leur apprend c'est quoi un accouchement normal, naturel? non. On leur apprend à reconnaître et à traiter la pathologie. Heureusement, certains ont une ouverture d'esprit qui les portera à se questionner, à vouloir apprendre des méthodes d'interventions «alternatives». Mais encore, faut-il les trouver.
Je déplore que les femmes ne magasinent pas leur hôpital. On passe plus de temps à magasiner une voiture que le lieu où l'on donnera naissance à notre enfant!! Pourtant, il existe des différences ÉNORMES entre chacun des hôpitaux d'une région. Trop de femmes accoucheront à un hôpital parce qu'il est près de chez-elles, ou parce que c'est là que leur médecin pratique. Pourtant, dans la majorité des cas, le médecin ne sera même pas de garde le jour où elles entreront en travail... Alors elles se retrouvent à dépendre d'un parfait inconnu, dans un milieu qui ne répond pas à leurs besoins...
***
Je viens de terminer la lecture d'un excellent livre, en anglais malheureusement: Pushed, The painful truth about childbirth and modern maternity care, de Jennifer Block. C'est américain, mais on y retrouve les mêmes problèmes là-bas qu'ici dans beaucoup d'hôpitaux. L'auteur a aussi un excellent site web où on trouve tout plein d'info: www.pushedbirth.com Toutes les femmes enceintes ou qui pensent le devenir bientôt devraient le lire!
Elle y parle en gros de l'accouchement en milieu hospitalier vs à domicile ou maison de naissance avec sage-femme. Surtout, elle parle de sa rencontre avec Ricki Lake qui a produit le film «The business of being born». Elle termine en disant que si, lors de son accouchement, elle avait pu avoir la sécurité du milieu médical et être dans un environnement moins agressant qu'une chambre d'hôpital, elle aurait eu un accouchement plus heureux.
Et c'est ce qui me désole. On croit encore aujourd'hui qu'il est plus sécuritaire d'accoucher à l'hôpital. Alors qu'il a été démontré que d'accoucher en maison de naissance ou à domicile avec une sage-femme est aussi sécuritaire et peut-être même plus qu'à l'hôpital!
Il a aussi été démontré que les interventions routinières de plusieurs centres hospitaliers menaient à plus de césariennes, chirurgie qui n'est pas sans risques pour la mère comme pour le bébé.
Je ne dis pas que toutes les femmes devraient accoucher hors des murs d'un hôpital. Il y a bien sûr des cas extrêmes qui demandent à être suivis médicalement. Mais surtout, je crois fortement au droit des femmes de choisir où elles veulent accoucher, et avec qui.
Par contre, je pense que l'Ordre des sages-femmes a encore beaucoup de boulot à faire pour faire réaliser aux gens que leurs services sont aussi professionnels et sécuritaires que les services offerts par la médecine. Elles ont beaucoup à faire pour que la population en général cesse de les considérer comme de vieilles hippies qui assistent à des accouchements en faisant des incantations et en faisant brûler de l'encens!!
Très peu de gens savent que les sages-femmes étudient l'obstétrique pendant 4 ans à l'université. Que les sages-femmes qui assistent à des accouchements, et que ce soit à domicile ou en maison de naisssance, ont tout l'équipement nécessaire pour intervenir en cas d'urgence: oxygène, ocytocine, soluté, etc. Que les maisons de naissance ne sont jamais bien loin d'un hôpital avec lequel elles ont une entente de transfert en cas de pépin.
Justement, cette fameuse «distance» entre la MDN ou le domicile et le centre hospitalier est souvent ce qui fait le plus peur. On se dit que si il y a une urgence, on sera trop loin... Pourtant, combien de temps s'écoule, lors d'un accouchement à l'hôpital, entre le moment où l'urgence est décrétée et le moment où la césarienne est effectuée? Probablement le même temps, ou à peine plus, qu'il en faut pour envoyer en ambulance la femme qui est chez-elle ou en MDN pendant qu'on prépare la salle d'opération... Mais aussi il faut savoir que le taux de césarienne en MDN ou à domicile est considérablement plus bas que dans les hôpitaux...
Pourquoi? Parce que les sages-femmes n'interviennent qu'en cas de réelle nécessité!! Mais aussi parce que souvent les sages-femmes ont des connaissances «pratiques» que beaucoup de médecins malheureusement, n'ont pas. Accoucher un bébé en siège. Régler efficacement une mauvaise position du bébé, ou une dystocie de l'épaule. Elles savent aider une femme à accoucher dans différentes positions. Elles connaissent les trucs naturels pour soulager la douleur, activer un travail plutôt lent, sans nuire à la santé de la mère ou de son bébé.
On ne peut pas vraiment en vouloir aux médecins qui pratiquent l'obstétrique. On n'a qu'à regarder ce qu'ils étudient à l'université. Est-ce qu'on leur apprend c'est quoi un accouchement normal, naturel? non. On leur apprend à reconnaître et à traiter la pathologie. Heureusement, certains ont une ouverture d'esprit qui les portera à se questionner, à vouloir apprendre des méthodes d'interventions «alternatives». Mais encore, faut-il les trouver.
Je déplore que les femmes ne magasinent pas leur hôpital. On passe plus de temps à magasiner une voiture que le lieu où l'on donnera naissance à notre enfant!! Pourtant, il existe des différences ÉNORMES entre chacun des hôpitaux d'une région. Trop de femmes accoucheront à un hôpital parce qu'il est près de chez-elles, ou parce que c'est là que leur médecin pratique. Pourtant, dans la majorité des cas, le médecin ne sera même pas de garde le jour où elles entreront en travail... Alors elles se retrouvent à dépendre d'un parfait inconnu, dans un milieu qui ne répond pas à leurs besoins...
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Je viens de terminer la lecture d'un excellent livre, en anglais malheureusement: Pushed, The painful truth about childbirth and modern maternity care, de Jennifer Block. C'est américain, mais on y retrouve les mêmes problèmes là-bas qu'ici dans beaucoup d'hôpitaux. L'auteur a aussi un excellent site web où on trouve tout plein d'info: www.pushedbirth.com Toutes les femmes enceintes ou qui pensent le devenir bientôt devraient le lire!
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